Les pratiques d’externalisation des prestations juridiques (LPO) | Etude Day One

Les pratiques d’externalisation des prestations juridiques (LPO) | Etude Day One

Etude Day One sur les pratiques d’externalisation des prestations juridiques (LPO)

Notre cabinet de conseil en stratégie réalise des benchmarks et des études. Ces études nous permettent d’affiner notre connaissance du marché et de nos clients ou sont réalisées pour nos clients cabinets de services (audit, avocat, comptable, consultant) ou directions internes (juridiques, compliance, audit, fiscale).

Lorsque nous avions publié notre précédente étude en 2010, nous avions observé que ce phénomène d’externalisation, appelé “Legal Process Outsourcing” (LPO), était entretenu par la volonté de réduction des coûts et des budgets de la part des entreprises et cabinets d’avocats anglo-saxons, contrecoup de la crise de 2008.
Aujourd’hui, nous avons suffisamment de recul pour nous apercevoir que la crise n’a fait que précipiter ce phénomène sans en être l’instigateur. En effet, d’autres causes telles que la globalisation des échanges, l’innovation technologique, ou encore la croissance de la règlementation, des textes de lois et de la « soft law », pour n’en citer que quelques-unes, ont agi comme de véritables vecteurs d’externalisation.
Selon les hypothèses de calcul de Day One, le marché potentiel du LPO en France atteindrait 228 millions d’euros en 2020, ce qui correspond à environ 5% du chiffre d’affaires estimé des 100 premiers cabinets d’avocats d’affaires en France cette même année.

Selon les hypothèses de calcul de Day One, le marché potentiel du LPO en France atteindrait 228 millions d’euros en 2020, ce qui correspond à environ 5% du chiffre d’affaires estimé des 100 premiers cabinets d’avocats d’affaires en France cette même année.

 

L’arrivée du LPO en France

Comme nous l’avions prédit dans notre étude précédente en 2010, l’externalisation de prestations juridiques en France est désormais un véritable phénomène mis en œuvre par plusieurs directions juridiques de grands groupes et plus d’une quinzaine de cabinets d’avocats français du top 50 pour des prestations à faible valeur ajoutée.
Coté LPO francophone, ce n’est pas l’Inde qui tient la corde, contrairement à l’offre anglophone, mais plusieurs prestataires situés en Israël et à l’Île Maurice identifiés par Day One et qui ont développé des offres « nearshore » et « offshore » dédiées au marché francophone.
La proximité culturelle, linguistique et les similitudes qui existent entre les différents systèmes juridiques, sont autant d’atouts qui ont permis à plusieurs acteurs de proposer des offres LPO en droit civil à destination de l’industrie juridique francophone.

“Proposant des taux de 5 à 10 fois moins élevés, les acteurs francophones du LPO ont su se positionner en fonction des opportunités réelles qui existent pour un certain niveau de prestations au sein de l’industrie juridique francophone.”

Olivier Chaduteau

En effet, dans un environnement où l’intensité concurrentielle internationale est de plus en plus élevée et les pressions budgétaires continuent à peser, il n’est pas étonnant de voir émerger de plus en plus d’acteurs qui proposent de traiter les tâches chronophages à faible valeur ajoutée et industrialisables.
« Proposant des taux de 5 à 10 fois moins élevés, les acteurs francophones du LPO ont su se positionner en fonction des opportunités réelles qui existent pour un certain niveau de prestations au sein de l’industrie juridique francophone » indique Olivier Chaduteau associé fondateur du cabinet Day One.

 

Un marché du LPO anglophone mature qui monte en valeur

De son coté, le marché Indien, qui représente plus de 40% du marché mondial de l’offre, n’affiche plus les taux de croissance caractéristiques des marchés en plein développement. Avec 26% de croissance moyenne ces deux dernières années (contre plus de 50% chaque année de 2005 à 2010), il subit de nombreuses consolidations qui s’articulent autour d’acteurs désormais mondialement reconnus et établis (Pangea 3, Integreon, Unitedlex, Clutch Group etc.). En parallèle, d’autres pays se sont également positionnés sur ce marché, ainsi les Philippines attirent de plus en plus de sociétés tout comme le Sri Lanka, l’Afrique du Sud, le Chili, le Mexique, Singapour et la Malaisie.
Les raisons de cet engouement tiennent à la connaissance du système juridique anglo-saxon et de la langue anglaise ainsi qu’à la flexibilité et désormais la qualité, de la main d’œuvre indienne.
En outre, une demande croissante de services « onshore », prisés par les clients car plus rassurants, ont suscité l’intérêt des cabinets anglo-saxons, tels que Herbert Smith, Allen & Overy, Taylor Wessing, ou encore Addleshaw Goddard. Ces derniers ont abordé le marché ces deux dernières années en mettant en place leurs propres filiales de LPO « onshore » au Royaume-Uni. Face à cette activité, les prestataires traditionnels tels que New Galexy ou Integreon, ont riposté avec une stratégie de « mixshoring », combinaison de services « onshore » et « near/ offshore » pour tirer parti des opportunités présentes.
D’ailleurs, c’est par cette démarche d’ « onshoring » qu’un acteur allemand identifié par Day One a su se positionner sur le marché juridique germanophone en s’adaptant aux rigueurs de l’industrie.

 

Des prestations avec de plus en plus de valeur ajoutée…

Ce marché a aussi considérablement évolué depuis 10 ans en termes de prestations proposées, lesquelles étaient au début constituées de tâches purement répétitives à faible valeur ajoutée pour devenir des services à plus forte valeur ajoutée aujourd’hui.
En effet, avec l’augmentation de la reconnaissance des prestataires, nous avons pu observer un élargissement de leurs offres à des services auxiliaires nécessitant plus d’expertise juridique, notamment en propriété intellectuelle, en rédaction et en gestion des contrats. En outre, certains acteurs ont fait de grands pas vers le conseil (en discovery, knowledge management ou organisation) ainsi que vers des offres logicielles relatives à la gestion de contrats ou le e-discovery.
Sur l’ensemble des cabinets répertoriés, 46% proposent des prestations en propriété intellectuelle, 41% en rédaction de contrats et 12% en conseil… Une véritable ascension sur la chaîne de valeur !
Le LPO a donc de beaux jours devant lui, néanmoins le choix de recourir ou non à un prestataire LPO pour un cabinet d’avocats ou une direction juridique doit être le résultat d’une véritable réflexion en amont :
« Que vous soyez une Direction Juridique ou un cabinet d’avocats, il faut surtout se souvenir de 2 points essentiels : (1) on n’externalise jamais un problème, mais une partie d’un processus très structuré, (2) il faut faire évoluer son organisation en mettant en place une structure en interne de contrôle et de management de projet afin que les aspects ‘coûts, qualité, délais et confidentialité’ soient maîtrisés et respectés » conclut Olivier Chaduteau.

Lire l’étude

 

 

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