61 % des avocats d’affaires favorables à l’ouverture du capital | Etude Day One

61 % des avocats d’affaires favorables à l’ouverture du capital | Etude Day One

Les avocats d’affaires largement favorables à l’ouverture du capital des cabinets à des non-avocats

Dans un contexte politique et législatif particulièrement tendu pour les avocats, notamment avec la loi Macron, Day One, cabinet de conseil en alignement stratégique, vient de réaliser auprès des principaux cabinets d’avocats d’affaires une étude sur l’ouverture du capital des cabinets d’avocats d’affaires aux non-avocats, et ses impacts potentiels. Day One avait mené une étude sur ce thème en 2007. Utilisant majoritairement les mêmes questions et la même méthodologie, cette étude permet donc de dresser un panorama objectif des évolutions de tendances entre 2007 et 2014 et apporte une vision dynamique du sujet au marché. Cette étude a été réalisée du 2 octobre 2014 au 19 décembre 2014 auprès des cabinets d’avocats d’affaires en France. Les répondants sont des managing partners ou des associés de cabinets français et internationaux. Le chiffre d’affaires cumulé des différents cabinets répondants s’élève à 2 Milliards d’Euros en 2013 sur le marché français. Ils sont donc représentatifs d’une part importante du marché du Droit des affaires en France.

4 enseignements clefs dans cette étude :

1. Une large majorité des avocats d’affaires répondants (61%) sont favorables à l’ouverture du capital des cabinets d’avocats aux non-avocats, contre seulement 53% en 2007.
2. Une large majorité (71%) des avocats d’affaires est favorable à l’interprofessionnalité, contre 67% en 2007.
3. Les avocats d’affaires sont massivement opposés à la cotation des cabinets (83%), contre 70% en 2007.
4. 1 avocat sur 3 (32%) est favorable à une co-direction avocat / non-avocat contre 21% en 2007.

 

Principaux enseignements de l’étude
Les avocats sont largement favorables (61%) à l’ouverture du capital à des non-avocats

« 61% des avocats répondants sont favorables à une ouverture minoritaire du capital à des non-avocats contre seulement 53% en 2007. Ils sont prêts à ouvrir 1/3 du capital. Cette forte progression traduit une réelle évolution des mentalités depuis 7 ans » indique Olivier Chaduteau, associé gérant de Day One. « En revanche, les cabinets restent très massivement opposés à une ouverture majoritaire (85% d’avis défavorables) » ajoute Olivier Chaduteau.

 

1 Ouverture capital avocats

 

Les partenaires idéaux sont les professions connexes du Droit et les experts-comptables

« Pour les avocats favorables, l’ouverture doit s’opérer prioritairement vers les professions connexes du Droit (notaires – 82%, juristes – 80%) et vers les experts comptables (79%) » précise Jérôme Rusak, associé de Day One et responsable de l’étude. « La légitimité de ces derniers comme partenaires potentiels au sein d’une structure interprofessionnelle s’est renforcée depuis 2007 (72%) » poursuit-il. Dans une moindre mesure, les commissaires aux comptes apparaissent aujourd’hui comme des partenaires beaucoup plus évidents pour les avocats (47% en 2014 contre 39% en 2007). Enfin, il est intéressant de constater que 2 répondants favorables à l’ouverture sur 3 considèrent les fonctions supports du cabinet comme un partenaire idéal, ce qui reflète leur montée en puissance dans les cabinets de services professionnels et plus particulièrement les cabinets d’avocats, notamment les fonctions marketing, business development et direction générale.

“Pour les avocats favorables, l’ouverture doit s’opérer prioritairement vers les professions connexes du Droit (notaires – 82%, juristes – 80%) et vers les experts comptables (79%).”

Jérôme Rusak

Partenaire ideal

 

Les avantages de l’ouverture aux non-avocats : un moyen de se développer à l’international

Pour comprendre l’ampleur de ce support à l’ouverture du capital, il est intéressant de regarder les avantages perçus. En d’autres termes, pourquoi un cabinet d’avocats d’affaires a-t-il intérêt à ouvrir son capital à des non-avocats ?
Par rapport à 2007, les avantages de l’ouverture sont plus fermement identifiés. « L’ouverture du capital est perçue comme un moyen de renforcer les ressources du cabinet, de « renforcer ses fonds propres » et ses capacités de développement et d’innovation » indique Olivier Chaduteau. La question est de savoir à quoi ces ressources vont servir. Le principal avantage perçu en 2014 réside dans l’amélioration des moyens et de la capacité à se développer à l’international. En 2007, il n’apparaissait qu’en 4e position (2,60 sur 4 en 2007 contre 3,07 sur 4 en 2014). Cela démontre que les cabinets ont identifié l’international comme un véritable levier de croissance.
Deuxième avantage majeur, l’ouverture du capital devrait permettre l’amélioration du marketing et du business development du cabinet, notamment par le biais de l’interprofessionnalité qui doit générer du cross selling entre les métiers, permettre la mise en commun de ressources et compétences « non techniques » (cf. ci-après : 72% des avocats favorables à l’interprofessionnalité).
Troisième avantage majeur, l’ouverture du capital va permettre d’attirer et de recruter de hauts potentiels. L’importance prise par ce critère entre 2007 (5e critère sur 6 mesurés à 2,52 sur 4) et 2014 (3e critère à 2,93 sur 4) témoigne de l’importance accordée désormais au capital humain des cabinets, à la marque employeur, pour tenir compte des évolutions générationnelles et de leur impact sur le modèle des cabinets d’avocats d’affaires.

3 Avantages ouverture

 

Les principaux freins à l’ouverture du capital à des non-avocats

Comme en 2007, le « pool des valeurs de l’avocat » c’est-à-dire l’indépendance, le secret professionnel et les conflits d’intérêts est brandi en étendard, principalement par les avocats défavorables à l’ouverture. Ainsi, le principal frein (3,02 sur 4), de loin, qui explique l’hostilité à l’ouverture du capital à des non-avocats concerne l’augmentation des conflits d’intérêt. Cette crainte est beaucoup plus forte qu’en 2007. En revanche, les répondants craignent beaucoup moins de voir le cabinet exposé à une logique de spéculation.

5 Inconvenients ouverture capital avocats

 

71% des avocats d’affaires sont favorables à l’interprofessionnalité

Quasiment les ¾ des avocats répondants sont favorables à l’interprofessionnalité (72%) contre seulement 2/3 (67%) en 2007. Ce plébiscit est justifié d’après les répondants par l’inéluctabilité du mouvement, déjà en marche. L’interprofessionnalité présent un double intérêt, interne et externe : interne, car il permet de créer des synergies, de développer des pôles de compétences et d’optimiser l’organisation et la gouvernance ; externe car elle constitue un moyen d’accompagner les clients de manière plus complète et intégrée. Bien évidemment, on trouve une très forte corrélation entre les avocats favorables à l’ouverture du capital à des non avocats et les avocats favorables à l’interprofessionnalité.

 

Impact de l’ouverture sur les cabinets

D’après l’ensemble des répondants, l’ouverture du capital devrait avoir un impact positif sur la croissance des cabinets et sur l’organisation des cabinets. Plus particulièrement, 98% des répondants favorables à l’ouverture du capital considèrent que l’impact sera positif sur la croissance du cabinet et 86% que l’impact sera positif sur l’organisation ! Toutefois, les répondants de 2014 sont plus pessimistes qu’en 2007, puisque seul l’impact sur la croissance est perçu comme supérieur. En revanche, l’impact sera majoritairement négatif ou neutre sur la concurrence et sur les clients, même pour les répondants favorables à l’ouverture.
On peut donc dire que si les avocats sont dans une plus grande proportion favorables à l’ouverture du capital à des non-avocats, parallèlement, ils sont aussi beaucoup plus conscients des avantages et des limites, notamment les risques de l’impact sur les clients. On voit poindre ici la nécessité pour les cabinets d’accompagner ces grands changements structurels par des explications claires aux clients.

4 Impact ouverture capital

 

Les avocats d’affaires sont massivement opposés à la cotation des cabinets (83%)

La part des avocats favorables à la cotation des cabinets s’est massivement réduite depuis 2007 passant de 28% à 8% ! Pour mémoire, à l’époque deux cabinets d’avocats étaient entrés en bourse en Australie (Slater & Gordon Ltd et Integrated Legal Holdings Limited (ILH)). Clairement la cotation ne fait pas recette. Néanmoins, il est intéressant de voir que les risques sont estimés, quantitativement, moins élevés, puisqu’aucune évaluation de 2014 n’est supérieure à 2007.

 

6 Cotation en bourse avocats

 

Les 3 principales craintes expliquant l’hostilité des avocats à la cotation sont d’une part la peur de l’entrave à l’indépendance. Néanmoins cette crainte est beaucoup moins forte qu’en 2007 (3 sur 4 en 2014 contre 3,38 sur 4 en 2007). D’autre part, l’impact sur le secret professionnel et les obligations de rentabilité à court terme constituent des réticences avérées (2,82 sur 4) même si l’obligation de rentabilité est beaucoup moins forte qu’en 2007 (3,34 sur 4). En filigrane émarge le sentiment d’une profonde incompatibilité de la cotation avec les spécificités du métier d’avocat (secret professionnel, conflits d’intérêts…).

7 risque introduction en bourse avocats

 

1 avocat sur 3 est favorable à une co-direction avocats / non-avocats

Si quasiment la moitié des avocats continuent de souhaiter que la direction du cabinet soit assurée par un avocat uniquement, on perçoit toutefois une évolution des mentalités. 1/3 des avocats répondants sont favorables à une codirection avocats/non-avocats actant de fait 1) la volonté de se concentrer sur l’activité du Droit davantage que sur le pilotage de la structure, 2) la nécessité d’être accompagné par des spécialistes du management dans la mesure où les cabinets deviennent de plus en plus des entreprises du Droit nécessitant d’optimiser le capital humain, le capital organisationnel, le capital technologique, le positionnement et bien entendu le capital client. D’ailleurs, les fonctions qui devraient se développer le plus dans les cabinets à l’issue de l’ouverture du capital sont les fonctions de directeur général (3,04 sur 4) et directeur administratif et financier (3 sur 4).

 

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