Les avocats révolutionnés par le VTC | Editorial Les Echos

Les avocats révolutionnés par le VTC | Editorial Les Echos

Olivier Chaduteau, associé fondateur de Day One, publie un article intitulé : “Les avocats révolutionnés par le VTC” dans le quotidien économique Les Echos.

Bien au-delà de la Loi Macron, le paradigme nouveau est arrivé ! Et les avocats d’affaires, comme tous les autres métiers de prestations intellectuelles ne vont pas y échapper. Qu’on soit pour ou contre ; qu’on le veuille ou non, la question n’est pas (plus ?) là !

Il est certes toujours intellectuellement satisfaisant de se poser la question du “pourquoi ?”, mais aujourd’hui, il devient nécessaire et indispensable de répondre à la question du “comment ?”. Le pouvoir n’est plus entre les mains des avocats, mais désormais entre celles du directeur juridique dont la fonction a réellement pris son envol depuis ces quinze dernières années en Europe, et depuis 25 ans aux États-Unis, notamment sous l’impulsion de Ben Heineman, ancien VP Group General Counsel de Jack Welch chez General Electric, comme le reconnait le père de “l’innovation disruptive”, Clayton M. Christensen, dans son article publié dans la prestigieuse Harvard Business Review et intitulé “Consulting on the Cusp of Disruption” .

Les directions juridiques ont désormais les moyens internes de répondre à la majorité des sujets techniques qui impactent le business de leur entreprise au quotidien.

Olivier Chaduteau

Les directions juridiques ont désormais les moyens internes de répondre à la majorité des sujets techniques qui impactent le business de leur entreprise au quotidien. Ils feront appel aux avocats, en dehors du sujet de représentation devant les Tribunaux, selon trois conditions :

1. Apport d’expertises complémentaires non présentes en interne (dossier spécifique, unique ou ponctuel, ou hors périmètre tel que défini par la direction juridique actuelle…),

2. Apport de ressources supplémentaires à un instant “T” (manque de temps, projet lourd en ressources, projet international nécessitant une coordination et gestion de projet conséquente…),

3. Apport d’une expertise pointue techniquement ou stratégiquement (contentieux importants, opérations de haut de bilan, financement pointu, optimisation fiscale complexe…).

Dès lors, et on l’imagine bien, la valeur attribuée à chacun de ces dossiers ou situations ne sera en aucun cas perçue de la même manière, et ce, quel que soit le nombre d’heures passées par les avocats en charge du dossier. Une nouvelle façon de pratiquer le métier d’avocats d’affaires doit voir le jour. L’approche que nous proposons ici est celle résumée dans l’acronyme “VTC.”.

Nous ne parlons pas ici des “Véhicules de Tourisme avec Chauffeur”, mais d’une réflexion nécessaire des cabinets d’avocats d’affaires selon trois axes désormais stratégiques, car remettant en cause leur business model et pratiques :

– Le “V” pour la réflexion sur la “Valeur” apportée à des clients qui vont de plus en plus, et c’est une tendance lourde, profonde et mondiale, segmenter leur conseil par la valeur ajoutée – forte versus moyenne versus faible. La réflexion sur le positionnement des cabinets et leur valeur ajoutée est incontournable ;

– Le “T” pour l’anticipation des impacts tant positifs que négatifs qu’apportent les nouvelles technologies avec ses lots de nouveaux entrants (plateformes et sites internet répondant à de vraies demandes du marché, qui, bien que contestés par certains, feront bel et bien partie du paysage concurrentiel aujourd’hui et encore plus demain).

Mieux vaut échanger avec eux et les comprendre plutôt que de les attaquer, car in fine, ils s’implanteront d’une façon ou d’une autre, le marché, ou tout du moins une partie du marché le souhaite ; mais aussi ses opportunités pour faire un travail plus vite, plus sûr, moins coûteux pour le cabinet et donc plus rentable ou apportant une véritable offre différenciante. La technologie redessine les contours de tous les secteurs d’activités, que ce soient l’industrie du disque, les télécommunications, les médias audiovisuels, les agences immobilières, les taxis, les agences de voyage… Soyons certains qu’elle va et est déjà en train de révolutionner l’industrie du droit.

– Le “C” pour le collaboratif. C’est le fait de pouvoir, d’abord en interne, mais surtout ensuite avec son client et l’écosystème avec lequel il interagit, partager au mieux, au plus vite et au plus juste. L’avocat d’affaires va devoir intégrer son client et ses autres conseils dans la co-construction de la solution envisagée, bien sûr pour qu’elle coûte moins cher, mais surtout pour qu’elle soit mieux pensée.

Dans un monde résolument complexe, la pluricompétence et la différence de points de vue sont plus que nécessaires pour créer cette “maïeutique de la valeur”. La solution ainsi co-construite n’en sera que mieux acceptée par les équipes du client, susceptibles de la mettre en œuvre et de vivre avec ensuite.

On le voit bien, là ou certains ont encore de vieux réflexes protectionnistes d’arrière-garde concernant les petites évolutions proposées par la Loi Macron, qui vient cette semaine d’être présentée en Conseil des ministres, d’autres sont en train d’envisager le monde de demain qui, depuis le temps qu’on en parle, a bien fini par arriver et devient en réalité le monde d’aujourd’hui, ce nouveau paradigme dans lequel nous devons désormais vivre !

#legalmanagementconsulting

#legalmanagementconsulting

#nextisdifferent
This website uses cookies for a better internet experience and statistics.
Know more