Etude CACoCAC® 2013 : les honoraires des commissaires aux comptes du CAC 40 toujours en stagnation

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Day One publie la 4ème édition de l’étude sur les honoraires des commissaires aux comptes du CAC 40

Un marché qui stagne

Alors que de 2003 à 2008, le marché a augmenté en moyenne de 6,4% par an, nous constatons une stagnation, aux alentours de 730 millions d’euros, ces dernières années des honoraires des Commissaires aux Comptes (CAC) du CAC 40. En effet, le marché affiche un taux de croissance annuel moyen (TCAM) de -0,2% ces 5 dernières années. Même les honoraires des autres diligences liées à la certification, qui avaient pourtant augmenté l’année dernière de 16%, affichent une croissance réduite de 3% cette année, se stabilisant à 101 millions d’euros.
Du coté des renouvellements des mandats, le constat est le même. Sans surprise 100% des mandats arrivant à expiration en 2013 (soit 12 mandats représentant environ 86 millions d’euros) ont été reconduits. Comme nous l’avions déjà souligné l’année dernière, aucune reconfiguration majeure du marché n’a été observée.

Focus sur le marché en 2012
En 2012, le marché des honoraires des CAC des sociétés du CAC 40 recule à 722 millions d’euros et affiche une baisse de 1 % par rapport à 2011.

Cette baisse est principalement due à un effet mécanique lié au changement de la composition de l’indice CAC 40. D’une part en termes de volume, les sociétés Alcatel Lucent et PSA Peugeot Citroën, chacune ayant 2 CAC, ont été remplacées par Gemalto et Solvay disposant chacune d’un seul CAC. Par conséquent, le nombre de mandats total de commissariats aux comptes a été réduit de 2 en 2012. S’ajoute à cela une composante valeur liée aux honoraires par mandat du CAC 40 des entrants qui sont nettement inférieurs à ceux des sortants, tirant ainsi vers le bas l’ensemble des honoraires.

A périmètre constant (avec Alcatel Lucent et PSA Peugeot Citroën à la place de Gemalto et Solvay), les honoraires du CAC 40 auraient affiché une hausse de 2,5% par rapport à 2011 atteignant 747 millions d’euros (soit 1,8% de plus que l’année record 2010 à 734 millions d’euros).

Des impacts probables liés au livre vert

Dans un communiqué de presse datant du 25 avril de cette année , la Commission des affaires juridiques a indiqué (en vue de rédiger un texte commun avec le Conseil Européen) les propositions suivantes :
– Rotation obligatoire des cabinets de CAC tous les 14 ans ; limite qui pourrait être reportée à 25 ans si des garanties sont en place, telles que le co-commissariat
– Obligation pour une Entité d’Intérêt Public de réaliser un appel d’offres lors de la sélection d’un cabinet d’audit
– Interdiction de l’obligation des clauses contractuelles lors d’obtention de financement exigeant des PME la signature des comptes par un Big 4,

Bien que la position de l’UE sur le co-commissariat (joint audit) ne semble pas très claire, la période de rotation obligatoire pourrait être de 25 ans en France (au lieu de 14 ans) en raison du co-commissariat.
Si la rotation au bout de 25 ans devenait une réalité, il est vrai que cela pourrait impacter l’intensité concurrentielle du marché des CAC. Cette conception est à tempérer avec le fait que moins d’un mandat sur dix (au sein du CAC 40) est détenu depuis 25 ans ou plus. En effet, l’âge moyen d’un mandat de CAC au sein du CAC 40 est de 13 ans.
De plus, la grande inconnue reste la date à partir de laquelle court la période de 25 ans, une fois la proposition entrée en vigueur.
En ce qui concerne l’interdiction des clauses dites Big 4, nous estimons qu’elle n’aura certainement pas d’impact sur le marché des clients grands comptes des Big 4 en raison notamment de la complexité des normes IFRS et des aspects internationaux. Elle pourrait en revanche amener à une concurrence accrue sur le marché des PME et des ETI, là où antérieurement les entreprises se voyaient imposer un Big 4 afin d’obtenir un financement.

D’autre part, il semble que la Commission n’a pas suffisamment abordé le sujet du livre vert sous le prisme de la perception et des besoins réels des clients et investisseurs.

En effet, la priorité des investisseurs réside dans la transparence et l’indépendance de la mission du CAC. Quant aux clients, il s’agit de positionner la réflexion par rapport à la valeur ajoutée apportée par le CAC, qui a pu développer une connaissance approfondie de son client au fil de leur collaboration. En outre, rendre obligatoire la rotation remet en cause la liberté de choix du CAC par le client, tandis que les obligations d’appel d’offres ajoutent de la lourdeur dans le processus de sélection.

A quand le nouveau business model des cabinets d’audit ?

La pression sur les honoraires et les coûts croissants des équipes laissent présager un effet ciseaux. Par ailleurs, la réglementation croissante, sa complexification et la mise en place d’une réforme du marché de l’audit menacent la rentabilité des cabinets d’audit leur laissant peu de marges de manœuvre.

Comme nous l’avions déjà signalé l’année dernière, l’évolution du business model du commissariat aux comptes semble inévitable et le « triptyque » valeur ajoutée – prix – marge doit être au cœur de la réflexion des CAC. En outre, cette réflexion doit s’articuler autour de la réalité et l’utilité économique et business des analyses du CAC pour le client.

Comment les CAC doivent-ils repenser leur organisation et leur offre pour positionner le curseur « prix – valeur ajoutée » afin de mieux répondre aux attentes des clients ?

« La question sous-jacente est de savoir par quel(s) moyen(s) le commissariat aux comptes, va réussir à se redimensionner : par la valeur ajoutée apportée au client et/ou par la rentabilité via les technologies et le coût des équipes (recrutement à Bac +2) s’il devenait une « commodité » ? A cet égard, certains cabinets commencent déjà à se positionner sur de l’audit déporté (certains traitements sont réalisés en off-shore) ou lancent des politiques de recrutements de Bac +2 / +3 », conclut Olivier Chaduteau, associé gérant de Day One.

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Pour la 4ème année consécutive, Day One publie son étude sur les Commissaires aux Comptes des entreprises du CAC 40, présentant les Commissaires aux Comptes de chaque groupe ainsi qu’une analyse de l’évolution du marché de 2003 à 2012 – Prix : 750€ HT (897€ TTC).

Pour vous procurer l’étude, cliquez ici.

Méthodologie
L’étude porte sur les 40 sociétés du CAC 40 (40 premières capitalisations) sur la période 2003 à 2012 :
– Pour des raisons de comparabilité, il a été tenu compte de Technip (au lieu d’Air France) sur toute la période de 2003 à 2011.
– Lagardère ayant quitté le CAC 40, les données depuis 2010 concernent Publicis Groupe SA qui l’a remplacé dans l’indice du CAC 40. Les données 2003-2009 concernent toutefois toujours le Groupe Lagardère. Il en est de même pour Safran et Legrand ayant remplacé Suez Environnement et Dexia.
– PSA ayant quitté le CAC 40, les données 2012 concernent Solvay qui l’a remplacé dans l’indice du CAC 40. Les données 2003-2011 concernent toutefois toujours PSA. Il en est de même pour Gemalto ayant remplacé Alcatel-Lucent.
– PPR devient Kering en juin 2013.
– France Télécom est renommée Orange à partir de juillet 2013.
Les informations sont extraites des documents de référence des sociétés de 2003 à 2012.
Pour chaque société ont été extraites les informations suivantes pour chaque CAC titulaire :
– Honoraires par CAC.
– Honoraires par poste,
• Commissariat aux comptes, certification, examen des comptes individuels et consolidés,
• Autres diligences et prestations directement liées à la mission du commissaire aux comptes,
• Autres prestations.
– Expiration du mandat en cours.
– Associés signataires des comptes.
Exceptions :
– Air Liquide : pas de données disponibles pour les honoraires de 2003.
– ArcelorMittal : nous disposons uniquement de l’identité des CAC titulaires pendant toute la période étudiée.
– STMicroelectronics : les honoraires sont convertis en euros sur la base du taux de change euro / dollar de la clôture au 31 décembre de l’année fiscale concernée.
– Axa : hors honoraires pour audit statutaire des fonds d’investissement et des sociétés non consolidées.
– Pernod Ricard : changement de date de clôture des comptes du 31/12/2004 au 30/06/2005. Par conséquent, les honoraires déclarés couvrent la période du 01/01/2004 au 30/06/2005 et sont comptabilisés dans notre étude uniquement sur l’année fiscale 2005 (i.e. aucun honoraire n’a été enregistré pour Pernod Ricard pour l’année fiscale 2004).
– Suez Environnement : informations disponibles uniquement de 2007 à 2010.
Les cabinets étant CAC titulaires et rachetés pendant la période étudiée sont comptabilisés sous le nom du cabinet acquéreur à partir de la date d’acquisition :
– Exemple : intégration de Salustro Reydel au réseau international de KPMG à partir de mars 2005.
– NB : en 2006, Marque & Gendrot (BDO Marque & Gendrot) a fusionné avec Deloitte. BDO France a été reconstitué en décembre 2007.

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(*) Day One est un cabinet de conseil en stratégie et organisation.
– Services professionnels (auditeurs, avocats, banquiers d’affaires, consultants, experts-comptables, notaires…)
– Directions internes des grandes entreprises (Financière, Juridique, Ressources Humaines, Audit interne…)
– Directions générales (Président, Comex/ComDir, Directoire, Comité des Associés…)

Nous avons un bureau à Paris, France (dayone-consulting.com) et un bureau à New York, USA au travers de Day One International LLC (www.dayoneinternational.com).

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