Faire de la direction juridique un centre de profit | Editorial La Vie Eco

Faire de la direction juridique un centre de profit | Editorial La Vie Eco

Le 24 juin 2016, Axel Jurgensen a publié un article dans La Vie Eco sur les principaux axes permettant de transformer la direction juridique en centre de profit :

Le droit se fait aujourd’hui une place de plus en plus imposante dans la stratégie des entreprises : pour ses conquêtes, ses développements, ses implantations, ses marques, etc. Depuis quelques années, l’impressionnante montée en puissance de facteurs exogènes à l’entreprise – environnement, normes, brevets, licences, fusions, marques, acquisitions, propriété intellectuelle, big data, mondialisation – a en effet transformé le droit en véritable outil de compétitivité des entreprises. Conséquence : sous les vifs encouragements, doux euphémisme, des directions générales d’entreprises, la direction juridique est priée d’entrer dans une plus grande réflexion stratégique et organisationnelle afin d’agir en véritable « business partner » et de créer de la valeur. Poussant ce défi à son paroxysme, certains directeurs juridiques de grandes entreprises, comme Michelin et DuPont, sont allés jusqu’à faire le pari audacieux, mais réussi, de « transformer la direction juridique en centre de profit »[1]. Comment y sont-ils parvenus ?

L’enjeu principal consiste à recouvrer toute somme de nature à dédommager l’entreprise d’une atteinte à ses intérêts. Pour ce faire, la direction juridique doit, en parallèle de la poursuite de ses missions traditionnelles, identifier de manière systématique toutes les situations pouvant donner lieu à des recouvrements de créances, à des pénalités, indemnités et autres (d’origine contractuelle ou délictuelle) en mettant en place l’organisation appropriée au sein de l’entreprise : reportings, comités, etc., afin de faire recenser, puis remonter, par le « terrain » tous les cas où les intérêts de l’entreprise sont atteints. Une fois ces dommages identifiés, il lui reste à opérer le tri entre ceux pouvant valablement donner lieu à des réclamations et les autres (montants en jeux trop faibles, incertitude juridique, risque d’impact image négatif, par exemple), puis à demander – et obtenir si possible – réparation par la voie contentieuse, arbitrale ou amiable.

On pourrait objecter qu’en systématisant les actions en réparation, l’entreprise risque de multiplier les contentieux susceptibles de ternir ses relations avec ses partenaires. D’une part, il ne s’agit pas de transformer les juristes d’entreprises en « va-t-en-guerre » jusqu’au-boutistes, mais simplement de recouvrer toute somme qui, juridiquement et raisonnablement, mérite de l’être au nom de la simple défense des intérêts de l’entreprise. D’autre part, pourquoi passer tant de temps à négocier des clauses si on n’est pas prêt à les faire appliquer ? Surtout lorsque cela permet de créer de la valeur sonnante et trébuchante…

 

#nextisdifferent

 

 

Sources

[1] P. Legrez, « Une nouvelle ambition : transformer les directions juridiques en ‘centres de profit’ », La Semaine Juridique – Entreprises et Affaires, n°42, 18 octobre 2012.

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